Définition d’un indice de santé générale (« fitness tool ») prédictif de la survenue à long-terme du handicap, du handicap sévère et de la mortalité chez le sujet vieillissant
Le vieillissement de la population a conduit à une augmentation de la prévalence des incapacités, mais détecter efficacement et précocement le risque de handicap reste un défi.
Nous avons utilisé les données de 4593 participants de l’étude Whitehall II (âge moyen : 65.3 ans) suivis pendant une période médiane de 11.00 ans (intervalle interquartiles : 7.25–12.67) et dix mesures du fonctionnement physique ( « fitness ») pour prédire le risque de handicap à un âge avancé. Le handicap était défini comme la présence d’au moins une limitation dans les activités de la vie quotidienne (AVQ) et le handicap sévère comme la présence d’au moins deux limitations. En pratique, nous avons d’abord examiné si la C-statistique de chaque prédicteur considéré individuellement (au sein d’un modèle ajusté sur l’âge et le sexe) était significativement meilleure que la C-statistique d’un modèle contenant seulement l’âge et le sexe. Puis nous avons utilisé une régression LASSO (selon une méthode pas à pas, avec des décréments de 0.0001 du paramètre de régularisation lambda) pour sélectionner les prédicteurs les plus importants. Parmi les mesures de fonctionnement physique considérées individuellement, le tour de taille était la plus prédictive du handicap (C-statistique 0.6557, intervalle de confiance 95% 0.6367–0.6747) et du handicap sévère (0.6868, 0.6582–0.7153). La meilleure combinaison de prédicteurs du handicap (0.6617, 0.6431–0.6804) incluait l’âge, le sexe, le tour de taille, la vitesse de marche, le test de lever de chaise, et un test d’équilibre. A l’exception de la vitesse de marche (non retenue), la meilleure combinaison de prédicteurs du handicap sévère était identique (0.6955, 0.6678–0.7233).
Nos résultats mettent en lumière l’importance des mesures de l’obésité (tour de taille ou indice de masse corporelle) dans la prédiction du risque de handicap à long terme et montrent qu’un ensemble réduit de mesures du fonctionnement physique peut aider à identifier en amont des individus à haut risque de développer un handicap à des âges plus avancés.
Par Céline Ben Hassen, Aurore Fayosse, Damien Vitiello, Pauline Maillot, Benjamin Landré, Ian Meneghel Danilevicz, Séverine Sabia, Archana Singh-Manoux
