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Cohorte Nutri-Net Santé : un engagement plus avancé dans la réduction de la consommation de viande associé à une baisse pouvant atteindre 10% des émissions de GES

Notre équipe a étudié le niveau de volonté de réduire la consommation de viande de 13 635 français adultes non végétariens de la cohorte NutriNet-Santé entre 2014 et 2018.

Les résultats, publiés dans Nature Food, montrent que les personnes ayant déclaré une volonté de baisser leur consommation de viande en 2014 réduisent effectivement jusqu’à 10 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à leur alimentation.

Cette réduction de la consommation de viande est associée à une hausse de la consommation et de la diversité des produits végétaux, composant un régime alimentaire plus équilibré. Les résultats montrent également des différences notables entre femmes et hommes : l’alimentation des femmes émet en moyenne 10% de moins de GES que celle des hommes et elles réduisent plus fortement leurs émissions que les hommes lorsqu’elles sont engagées dans une démarche de réduction de consommation de viande.

Afin d’évaluer les changements de comportement alimentaire et leur impact sur les émissions de gaz à effet de serre, nous avons analysé l’alimentation de 13 635 adultes non végétariens participant à la cohorte NutriNet-Santé (sur la période 2014-2018).

 

Évaluer le changement de comportement alimentaire

Les données de consommations alimentaires ont été recueillies en 2014 puis en 2018 à l’aide d’un questionnaire de fréquence alimentaire portant sur 264 aliments et boissons. Les participants indiquaient la taille des portions ainsi que leur fréquence de consommation (par jour, semaine, mois ou an), permettant d’estimer leur consommation quotidienne et hebdomadaire sur l’année considérée. Pour cette étude, les participants ont aussi répondu à un questionnaire complémentaire pour évaluer le niveau d’intention des participants à réduire leur consommation de viande, en particulier la viande de ruminants (bovins, ovins, caprins). À partir de ce questionnaire, 5 groupes ont émergé :

  • Les personnes ne souhaitant pas réduire leur consommation de viande.
  • Les personnes se posant la question de réduire la consommation de viande mais n’étant pas encore passées à l’action.
  • Les personnes s’engageant dans une réduction de consommation de viande
  • Les personnes déjà engagées dans une réduction de consommation de viande
  • Les personnes qui s’identifient déjà comme ayant une faible consommation de viande (573 g par semaine en 2014 et 538 g par semaine en 2018).

Les émissions de GES de l’alimentation quotidienne ont ensuite été évaluées avec la technique d’analyse de cycle de vie sur 60 produits agricoles à partir des données environnementales de plus de 2 000 exploitations agricoles produites par l’association Solagro.

 

Les personnes engagées dans la réduction de viande réduisent de 10 % leurs émissions liées à l’alimentation

Évolution des émissions de GES liées à l’alimentation entre 2014 et 2018 des différents groupes selon leur avancement dans la réduction de la consommation de viande.

Les résultats montrent une concordance entre les intentions de changer son alimentation et la réduction effective de la consommation de viande. Les personnes du groupe ne souhaitant pas réduire leur consommation de viande consomment en moyenne 878 g de viande par semaine et leurs émissions de GES liées à l’alimentation restent stables voire augmentent légèrement (4,96 kg CO2 par jour pour les femmes et 5,59 kg de CO2 par jour pour les hommes en 2018). Les personnes déclarant en 2014 s’engager dans une réduction de la consommation de viande sont passé d’une consommation de 756 g par semaine en 2014 à 643 g par semaine en 2018, soit une baisse de 14 %, et réduisant de près de 10% leurs émissions de GES liées à leur régime alimentaire. Les personnes déjà engagées dans une baisse de consommation de viande continuent de réduire leur consommation passant de 592 g par semaine à 532 g par semaine et baissent leurs émissions de GES liées à l’alimentation passant de 4,11 à 3,95 kg CO2 par jour pour les hommes et de 3,85 à 3,58 kg CO2 par jour pour les femmes.

Par ailleurs, les analyses de l’alimentation montrent que le groupe de personnes s’engageant en 2014 dans la réduction de leur consommation de viande ont augmenté leur consommation de produits végétaux de 10% environ (4,7 kg par semaine en 2014 à 5,2 kg par semaine en 2018) qui sont également plus diversifiés. La réduction de viande s’inscrit globalement dans une démarche de rééquilibrage et de durabilité de son alimentation, en se rapprochant des recommandations en santé publique du Programme national nutrition et santé (PNNS 4) de consommation de 500 g de viande par personne par semaine.

 

Des différences significatives entre hommes et femmes

L’étude met également en évidence que les femmes présentaient des réductions de leurs émissions de GES d’origine alimentaire plus importantes entre 2014 et 2018, qu’elles soient engagées dans une réduction de viande depuis 2014 ou avant, et en tenant compte des différences d’apports caloriques entre femmes et hommes. Ce constat corrobore une étude précédente, qui avait observé que les femmes et les personnes ayant un niveau d’éducation plus élevé réduisaient davantage leur consommation de produits d’origine animale[1] et étaient plus susceptibles de se situer dans les étapes de réduction de consommation de viande les plus avancées[2]. De plus, quel que soit leur niveau de consommation de viande, les femmes présentaient systématiquement des régimes alimentaires moins émetteurs de GES, en moyenne 10% de moins que ceux des hommes.

 

Référence de l’étude :

  • Reuzé, A., Baudry, J., Brunin, J., Péneau, S., Méjean, C., Touvier, M., Pointereau, P., Lairon, D., Hercberg, S., Kesse-Guyot, E., & Allès, B. (2026). Greater readiness to reduce meat consumption is associated with lower greenhouse gas emissions. Nature Food, 1 6. https://doi.org/10.1038/s43016-026-01332-1
  • https://www.nature.com/articles/s43016-026-01332-1?utm_source=rct_congratemailt&utm_medium=email&utm_campaign=nonoa_20260406&utm_content=10.1038/s43016-026-01332-1
  • Reuzé A, Méjean C, Carrère M, et al. Rebalancing meat and legume consumption: change-inducing food choice motives and associated individual characteristics in non-vegetarian adults. International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity. 2022;19(1):112. doi:10.1186/s12966-022-01317-w
  • Reuzé A, Méjean C, Sirieix L, et al. Stages of change toward meat reduction: Associations with motives and longitudinal dietary data on animal-based and plant-based food intakes in French adults. The Journal of Nutrition. Published online September 28, 2023. doi:10.1016/j.tjnut.2023.09.017
  • Reuzé A, Méjean C, Carrère M, et al. Rebalancing meat and legume consumption: change-inducing food choice motives and associated individual characteristics in non-vegetarian adults. International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity. 2022;19(1):112. doi:10.1186/s12966-022-01317-w
  • Reuzé A, Méjean C, Sirieix L, et al. Stages of change toward meat reduction: Associations with motives and longitudinal dietary data on animal-based and plant-based food intakes in French adults. The Journal of Nutrition. Published online September 28, 2023. doi:10.1016/j.tjnut.2023.09.017

 

Par Benjamin Allès

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